REI 60 désigne une classe de résistance au feu de 60 minutes attribuée à un élément de construction selon la norme européenne EN 13501-2. L’acronyme condense trois performances distinctes : stabilité mécanique (R), étanchéité aux flammes et gaz chauds (E), isolation thermique (I). Quand ces trois lettres sont suivies du chiffre 60, l’élément testé conserve l’ensemble de ces propriétés pendant une heure sous exposition normalisée.
Composition d’un mur porteur REI 60 en ossature bois
L’ossature bois pose un défi particulier : le matériau structurel est lui-même combustible. Atteindre le classement REI 60 repose sur un assemblage multicouche où chaque composant joue un rôle précis dans le ralentissement du front thermique.
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Une solution certifiée, développée conjointement par Fermacell, ROCKWOOL et UNILIN, utilise des montants CKS de section 45×140 mm en classe de résistance C24, espacés à 600 mm d’entraxe. L’isolation en laine de roche affiche une masse volumique de l’ordre de 210 kg/m3, complétée par une membrane perméable à la vapeur d’eau côté extérieur.
Le parement intérieur en plaque Fermacell assure la première barrière face aux flammes. La laine de roche absorbe l’énergie thermique et retarde la montée en température du montant bois. La complémentarité entre parement, isolant dense et membrane conditionne la tenue des 60 minutes. Modifier un seul composant (épaisseur, densité, fixation) peut invalider la certification.
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Critères R, E et I : lecture technique du classement
Nous observons régulièrement une confusion entre les combinaisons possibles de ces trois lettres. Un élément peut être classé R 60 sans être classé REI 60. Tout dépend de sa fonction dans le bâtiment.
- R (résistance mécanique) : l’élément porteur ne s’effondre pas pendant la durée prescrite. Un poteau en acier protégé par un flocage peut obtenir un R 60 sans prétendre à l’étanchéité ni à l’isolation.
- E (étanchéité) : aucune flamme, aucun gaz chaud ne traverse la paroi. Ce critère concerne les éléments séparatifs : murs, planchers, portes coupe-feu.
- I (isolation thermique) : la face non exposée ne dépasse pas un seuil de température défini par la norme. C’est le critère le plus exigeant, car il protège les occupants et les matériaux situés de l’autre côté.
Une porte coupe-feu classée EI 60 n’a pas de fonction porteuse, d’où l’absence du R. Un plancher porteur séparant deux niveaux exige en revanche le triptyque complet REI 60.
Différence entre REI 60 et REI 120 dans les exigences réglementaires
Le choix entre REI 60 et REI 120 ne relève pas d’une simple préférence de sécurité. La réglementation impose un niveau de résistance au feu selon le type de bâtiment et sa destination. Un établissement recevant du public (ERP) de grande capacité ou une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) n’ont pas les mêmes exigences qu’une maison individuelle.
REI 60 convient aux parois séparatives et planchers de nombreux bâtiments d’habitation collective et de certains ERP de catégories intermédiaires. REI 120, soit deux heures de tenue, s’applique aux structures où le temps d’évacuation est plus long ou le risque de propagation plus élevé (entrepôts de matières inflammables, immeubles de grande hauteur).
Nous recommandons de ne pas raisonner uniquement en durée. Un REI 60 bien conçu protège mieux qu’un REI 120 mal mis en oeuvre. La qualité de pose, la continuité des joints, le traitement des traversées de gaines et canalisations déterminent la performance réelle en situation d’incendie.
Protection passive et complémentarité avec les systèmes actifs
Un mur REI 60 appartient à la protection passive contre l’incendie. Il ne détecte rien, n’éteint rien. Son rôle est de compartimenter le bâtiment pour limiter la propagation du feu et offrir du temps aux occupants et aux secours.
Cette protection passive fonctionne en tandem avec les systèmes actifs (sprinklers, détecteurs, désenfumage). Les évolutions réglementaires récentes sur les agents extincteurs poussent les exploitants de bâtiments, notamment en ERP et ICPE, à repenser l’équilibre entre dispositifs passifs REI et équipements d’extinction. Quand l’efficacité d’un système actif diminue ou se transforme, la fiabilité du compartimentage passif devient encore plus déterminante.
Les zones soumises à un plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF) illustrent bien ce phénomène. Les obligations d’information des acquéreurs et locataires, renforcées depuis le 1er janvier 2025 selon le ministère de la Transition écologique, incitent les maîtres d’ouvrage à rehausser le niveau de protection des enveloppes et parois, y compris en retenant un classement REI 60 là où un niveau inférieur aurait pu suffire auparavant.

Réaction au feu et résistance au feu : deux classements distincts
La réaction au feu caractérise le comportement d’un matériau pris isolément face à une flamme (inflammabilité, contribution énergétique, production de fumées). Elle se mesure par les Euroclasses A1 à F selon la norme EN 13501-1.
La résistance au feu, dont REI 60 fait partie, évalue un élément de construction assemblé, dans sa configuration réelle. Un isolant classé A1 en réaction au feu (incombustible) intégré dans une paroi mal conçue peut très bien ne pas atteindre REI 60. L’inverse est aussi vrai : des matériaux combustibles assemblés correctement peuvent satisfaire REI 60, comme le démontre l’ossature bois certifiée évoquée plus haut.
Confondre ces deux classements conduit à des erreurs de prescription. La réaction au feu guide le choix des matériaux, la résistance au feu valide la performance de l’assemblage complet.
Le classement REI 60 reste une référence courante dans la construction résidentielle et tertiaire. Sa pertinence dépend toujours du contexte réglementaire du projet, de la nature des risques et de la rigueur de mise en oeuvre sur chantier. Un certificat d’essai ne protège personne si les détails de pose ne reproduisent pas les conditions du laboratoire.

